Jeudi 10 septembre 2007, 17h29.
‘Here comes the sun’, The Beatles
Jeudi 09 août 2007 : Paris -> Londres-> Bangkok -> Sydney
Au-dessus des nuages, il y a le soleil. Je le sais.
Toute l’aile est enfermée dans un brouillard épais. Parfois même elle disparaît.
Au bout de quelques minutes, apparaît sous mes yeux ébahis un immense tapis blanc éclairé par le soleil.
Vous voyez, le soleil était là !
J’ai envie d’ouvrir le hublot et de sauter dedans. Dans les dessins animés, les nuages paraissent confortables… Je veux les essayer… Juste pour voir si c’est vrai…
« Egg or wrap ?
- Sorry ? »
Plus rien ! Mon tapis infini a disparu.
C’est le vide… Du bleu foncé. La Manche ?
« Would you like something to drink ?
- Water please. »
Oui, c’est la Manche… J’aperçois un ferry.
J’aperçois la côte britannique sous un tapis pâle de bleu, rose, blanc, jaune…
Comment ne pas contempler ce tableau sans l’imaginer être le berceau de l’impressionnisme ?
La Tamise et toutes les habitations bien organisées.
Nous croisons d’autres avions.
Je réalise que depuis que je suis en recherche d’emploi, je n’ai fait que voyager : Londres, Dax, Biarritz, Anglet, Berlin, Nantes et maintenant l’Australie et le Japon !! Avec une
escale à Bangkok en Thaïlande.
Une heure de retard… J’avais oublié combien les anglais n’étaient pas polis… Et je suis effrayée de voir le personnel de l’aéroport londonien travailler avec le turban ou le voile…
Hublot, tout petit hublot. Au travers toi je me vois quitter le sol européen.
Zig puis zag…
Silence…
Prise d’altitude…
L’Angleterre en parterre de lumières…
-Bip-
Les hôtesses détachent leurs ceintures…
Et déjà deux personnes se pressent aux toilettes.
J’ai deux places pour moi !
Les lumières s’allument, le bruit s’amplifie…
… Et le noir. Le hublot renvoie le reflet des spots intérieurs de l’avion.
Bangkok… La Thaïlande… Je croyais voir quelque chose d’étrange… Mais c’est comme chez nous : les routes, les voitures, la circulation… Ils roulent à droite cependant .
Ah, quelques toits thaïlandais.
On sort de l’avion, il y a une odeur étrange.
Waouh, super la Thaïlande ! Enfin… L’aéroport !
Beaucoup d’étangs, de marres.
Une heure vingt de retard… Encore. Mais cette fois à cause d’une personne malade avant le décollage. Et pourtant on était bien partis. Et en plus, y’a des gens à côté de moi !!
Il est 18h45 heure locale. Nous allons bientôt décoller vers notre destination finale. Le jour tombe, un bébé commence à pleurer…
On décolle enfin. Un nuage de fumée (ou de pollution ?) recouvre la ville.
Et très vite plus rien. Déjà au-dessus de l’océan ?
Nous allons bientôt atterrir au pays des kangourous et des koalas… Il fait nuit alors qu’il est six heures du matin heure locale. Ah, mais ils sont en hiver ici c’est vrai…
‘With or without you’, U2
Mercredi 21 août 2007 : Sydney -> Tokyo
Ca y est, je vais partir de ce magnifique pays qu’est l’Australie. Si les français pouvaient être aussi friendly… Je n’ai plus envie de partir au Japon, non.
J’aurais dû réfléchir à deux fois avant de me précipiter sur mes billets d’avion… Je serais restée plus longtemps ici… Mais je reviendrai, ça c’est sûr… pendant leur été, durant notre hiver…
Je ne sais pas pourquoi, mais je reste silencieuse en voyant les lumières de Sydney devenir des petits points lumineux… Puis ils disparaissent au travers le brouillard…
Et le Japon vient enfin à nous… Enfin…
Je ne suis pas trop pressée non plus mais bon, ça y est, je suis plus prête du Japon que de l’Australie maintenant… J’appréhende aussi car beaucoup de souvenirs me reviennent… J’appréhende car je
n’ose imaginer ce qui a changé en sept ans. Beaucoup trop de choses sûrement. A commencer par les japonais que je connais. Ils sont restés intacts dans mes souvenirs. J’ai peur de voir qu’eux
aussi ont physiquement subit sept années, comme moi. Les petites de la gym ont dix-huit ans maintenant, l’âge que j’avais quand je les ai connues, mais pour moi, elles ont toujours dix ans et des
petites queues de cheval.
Et mes familles d’accueil, le temps leur a t’elles donné des rides et des cheveux blancs ?
Quel enthousiasme à l’approche de cette terre qui ne m’impressionne plus en la survolant malgré cette perfection dans les découpages géographiques.
Mais je n’en reviens pas quand même : je vais retrouver cet immense stade, mon club de gym…
‘The Promise’, La leçon de piano
Vendredi 07 septembre 2007 : Tokyo -> Londres -> Paris
Ca y est, je rentre… J’ai un peu hâte d’être de retour, je ne me suis jamais sentie à ma place durant ces trois semaines, comme en trop, dérangeante, gênante voire ‘à faire disparaître’.
Je vais retrouver Paris, son métro, ses racailles et ses gens malhonnêtes et pédants. (Heureusement qu’ils ne sont pas tous comme cela !!) après un passage par Londres que j’appréhende
particulièrement maintenant à cause de ces londoniens mal polis.
British Airways : PLUS JAMAIS ! 200 euros d’amende pour un bagage à main en trop car un seul bagage à main est autorisé avec leur compagnie, comme si mon sac à main était un bagage à
main !! Tsss décidément ces anglais…
Bref, il est temps de rentrer…
Au revoir le Japon. J’ai quand même un léger pincement au cœur… J’ai l’impression d’avoir oublié de faire quelque chose… Ou alors j’ai simplement oublié de mûrir les souvenirs de mon Japon…
Le grand départ…
Décollage immédiat…
Au revoir, à bientôt qui sait… Petit Japon…
Au-dessus des nuages…
La grande différence entre le départ et le retour : bagage, confort, gentillesse du staff…
Le majestueux Mont Fuji : révérence…
Sa silhouette noire s’élève au-dessus des nuages blancs.
Je ne serai donc pas rentrée du Japon sans avoir salué le gardien du pays du soleil levant qui veille sur ses enfants… Tout en dormant…
Et voilà, Londres se rapproche de nous… A cette approche, mon sentiment est différent de celui que j’avais à l’aller.
L’Europe, ce vieux continent… qui s’enfonce dans sa routine et ses mauvaises habitudes…
Par contre, même vue qu’à l’aller : nous volons au-dessus d’un parterre blanc et voluptueux.
Très bizarre… Les nuages ont l’air d’être à moitié immergés. Leur dessus est blanc et leur dessous est beige.
Et nous transperçons ce silence blanc.
Vive l’été en Europe, il fait froid.
Il est presqu’une heure du matin au Japon, vendredi soir.
Roppongi, Shibuya, Shinjuku… Ca doit grouiller de monde, de lumière, de bruits encore…
Ca y est, décollage… Je m’endors, mes yeux sont trop lourds et ne me permettent pas d’admirer Londres de là-haut.
… Et enfin Paris de nuit…
Bientôt mon lit, les enfants (Filou et Luna)…
Et l’impression d’avoir vécu un rêve éveillé…