Mercredi 21 juin 2006, 00h26.
‘Ce que je viens d’écrire est tellement peu
face à ce que tu nous as et tu nous fais vivre.’,
Je n’ai pas voulu me relire, je m’en excuse
.
A la télé, passe un film où un chien se fait piquer…
Mon petit bébé, ou mon petit pépé.
Par où commencer pour te décrire ?
Par où commencer pour te remercier ?
Combien de temps me faut il pour t’expliquer ce que tu représentes dans ma vie, dans la vie de notre famille puisque tu y es un membre à part entière ?
Le jour où je suis allée te choisir au chenil fut un des plus beaux jours de ma vie. Oui, je dis un car tu m’en as apporté tellement d’autres et tu m’en apportes encore tellement.
Le jour où tu es entré dans ma vie, dans notre vie, le monde a basculé. Un petit ange, un petit être divin venait d’entrer dans notre famille, en ce beau dimanche après-midi ensoleillé de
février 1992.
Papa Maman m’ont dit : choisis !
Vous étiez tous là, tes frères, sœurs, ta maman et toi allongés. Ta maman est venue nous accueillir, nous a fait la fête au travers le grillage. J’en ai repéré un.
La femme a ouvert la grille et vous vous êtes répartis dans la cage. Je ne savais plus où était celui que j’avais choisit. On dit toujours qu’il faut prendre le premier chien qui vient vers
nous. Il aurait fallu que je choisisse ta maman alors…
Et toi tu étais là. Etait-ce toi ou non celui que j'avais repéré, je ne le saurai jamais, mais je me dis que oui, je ne m’étais pas trompée. Tu étais un des plus éloignés, dos à nous, mais tu
avais ta tête tournée vers nous.
Tu devais être bien là, avec toute ta famille à paresser et jouer toutes les journées.
Et je t’ai désigné. Nous allions t’arracher à ta famille.
La femme t’a attrapé. Je tremblais. J’allais recevoir dans mes mains un être qui allait devenir le centre de notre famille.
La femme t’a placé dans mes bras et là, nous ne bougions plus tous deux. Tu t’agrippais à mon blouson. Tu avais les pattes arrière qui entouraient ma taille et les pattes avant sur une de mes
épaules. Tu voyais donc tout ce qui était dans mon dos. Je n’osais pas bouger pour ne pas te brusquer ni te vexer. Tu tremblais.
Après avoir rempli quelques papiers, notamment celui qui nous indiquait que tu étais né le 28 décembre 1991, la femme nous a dit : C’est comme le chien de Tintin.
Nous montâmes dans la voiture. Je ne bougeais toujours pas, toi non plus. Nous venions de t’arracher à ton paradis.
Arrivés à la maison, Dav’ et AS ont cru que je tenais une peluche dans mes bras. Mais non, nous avions : UN CHIEN ! Depuis le temps que nous le réclamions. Papa voulait un Yorkshire… et
bien non, c’était un Fox Terrier Ratier…
Comment allons-nous l’appeler ? Et bien dis-je, puisque Tintin a le même pourquoi ne pas l’appeler Filou comme le chien de Tintin ? Ce fut une bonne idée. Tout le monde fut d’accord.
Inutile de remarquer que le chien de Tintin s’appelle Milou et non Filou. Mais tant mieux, puisque ce petit chiot est un véritable Filou.
Je crois qu’il a vomi à l’arrivée, après son premier voyage en voiture.
Ce sera Filou. Notre bébé qui sentait le lait… Même en changeant les « b » en « p », il sent de nouveau le lait, notre petit pépé.
Entre bébé et pépé, il y a 14 ans… 14 ans d’amour et de confidences.
Un être magnifique comme il n’en existe peu.
Tricolore : noir, blanc et marron (qui a éclairci au fil du temps). Poils ras, petite queue, yeux naturellement maquillés qui lui donnent un aspect d’yeux bridés, yeux verts
magnifiques, petite bouille expressive, flamme blanche entre les deux yeux, petites oreilles toutes douces et qui sentent le parfum de maman quand elle part au travail.
Filou est une peinture sur pattes. Il est une oeuvre d'art vivante.
Tu as toujours été là pour moi, je t’ai toujours tout raconté. Tous mes moments de déprime, de grande tristesse et de grande solitude, tu les as portés. Tu as toujours gardé mes secrets. Je t’ai
même confié ma vie. Je te dois tellement.
Surtout en 2002. J’en suis venue à imaginer que si tu disparaissais, je disparaîtrais à tes côtés. Je t’ai raconté tout de ma vie. J’avais de longues discussions avec toi le soir puisque je ne
rentrais à la maison que pour te voir et pour te parler. Il fallait que je rattrape un an sans te voir au Japon.
Mais je suis là moi aussi pour toi. Nous sommes tous là. Je suis prête à tout pour toi. J’étais prête à me mettre à ta place sous la cravache quand papa te faisait du mal pour rien comme un fou.
J’ai risqué me faire frapper et disputer pour être allée te chercher le matin ou dans la journée quand papa te battait et te faisait souffrir inutilement. Je pleurais en silence dans ma chambre
et faisais semblant que tout allait normalement.
Pauvre petit bonhomme…
Pauvre petit père…
Petit bibiche, bichounet.
Mon bibiphoque.
Et quand il souhaitait te punir et te laisser dehors seul attaché en laisse en plein hiver, j’allais dehors avec toi pour ne pas te laisser seul et te réchauffer dans mon blouson au risque de me
faire disputer là encore.
J’aimais que tu viennes me chercher à l’école, à la gym, au conservatoire.
J’aimais que tu dormes dans mon lit, sous ma couette que tu me pousses de mon lit la nuit pour prendre ma place que tu prennes toute la place sur mon oreiller, que tu me réveilles le matin, que
tu guettes le moindre clignement de nos yeux le matin dans la caravane pour nous faire plein de léchouilles et pour demander à sortir.
J’aimais te voir galoper dans le jardin à une vitesse folle.
J’aimais te voir faire des bonds de plus d’un mètre pour attraper une balle ou du chocolat.
J’aimais que tu sautes dans tous les sens quand on te disait : « tu viens jouer au foot ? » ou « Tu viens te promener ? » et tu attrapais ta laisse et te
traînais en laisse tout seul.
J’aime quand tu joues avec mes affaires, que tu fais ton petit voleur, ton petit chenapan, que tu joues avec ma peluche Miquette (ton amoureuse) ou Chipette, j’aime quand tu fais ton Filou.
J’aime quand tu fais ta star et que tu poses pour les photos ou au contraire tu détournes la tête exprès, las des flash.
Dis, tu te souviens quand on n’avait pas encore de laisse, on t’avait un jour emmené à la forêt, tu étais tout fou, tu faisais la fête à tout le monde, tu nous aurais abandonné et toutes ces
odeurs et ces petits animaux te rendaient encore plus foufou.
Et puis il y a eu un petit garçon avec son papa. Il est venu vers toi. Il a mis ses doigts sur tes pommettes et les a caressées en les soulevant. Tu ne disais rien. Il te découvrait. Il caressait
tes traits noirs de maquillage/bridage aux coins de tes yeux.
Il m’arrive de te le refaire…
Tu n’aimais pas nous voir partir à l’école le matin. Tu aurais voulu un petit cartable toi aussi sur ton petit dos, mon poussin.
Et puis tu es soudainement devenu le seul animal de la maison : Riri-Fifi-Loulou-Netnet-Rifilounet. Nous ne sommes pas 5 mais 6 dans la famille. Ton prénom est sur les enveloppes des lettres
que nous recevons ou que nous nous envoyons.
Tu te souviens quand je t’emmenais au stade à côté l’été 2002 ? Je t’y amenais en laisse, je t’attachais sur le banc des remplaçants du terrain de foot et moi j’effectuais 5 tours du
terrain. Pendant chaque tour, je te voyais assis, sur le qui-vive à me suivre des yeux. A chaque tour qui me faisait me rapprocher de toi, tu essayais de courir avec moi.
Après mes tours, je te lâchais un peu sur le stade, tu courais, tu étais aux anges, mon petit ange.
Pareil que les retours de voyages. Tu entrais dans le jardin et te mettais à courir.
Tu étais le maître du jardin : aucun chat ni oiseaux n’osaient s’y aventurer, tes poils se hérissaient et tu grognais et aboyais.
L’été 2003, je t’ai peu emmené avec moi. Ta patte arrière gauche confirmait qu’elle avait un problème.
La patte arrière gauche, puis la droite… Paralysie de l’arrière train (mais tu as toujours tes réflexes).
Ce soir, maman m’a dit au téléphone que tes pattes avant allaient de pire en pire.
Mon petit chéri qui vient du ciel. Un jour, je sais que tu iras en terre, mais c’est pour mieux retourner au ciel.
Comme je te l’ai expliqué ce week-end, on se retrouvera, je t’ai promis que l’on ne t’oubliera jamais et je t’ai fait promettre que toi non plus.
Profitons encore d’être encore ensemble.
Tu es le point central de la famille. Tu restes encore, tu résistes car tu sais que sans toi, plus rien ne tient debout. C’est TA maison ici. Qu’allons nous devenir sans toi ?
Je pensais que tu serais là tout au long de ma vie. J’ai du mal à imaginer que je vais devoir continuer un jour sans toi. Je ne connais plus la vie sans toi.
A tel point que je rêve souvent de toi et dans mes rêves tu es humain, et tu me prends dans tes bras, enfin tes pattes.
Reste aussi longtemps que tu le peux et le veux, nous sommes à tes côtés mon bébé.
Je t’aime tellement mon Filou...