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  Du samedi 19 novembre 2005, 22h27 au 29 novembre 2006.
'How you see the World', Coldplay
(Avec les paroles de la première version)
(donc pas celle-là:)

 


 

 


 
 
 
 

("Récit" fini 10 jours avant nos trois ans de liaison)

 

L’erreur était là. Le silence et une légère honte en étaient les instigateurs et m’empêchaient de vite réparer cette erreur. L’irréversible venait de se produire. Il fallait en avoir le cœur net.

 

Après avoir rempli les formalités, l’attente fut longue. Mais le verdict, je le connaissais viscéralement. Un appel, la réponse glaciale au bout du fil. C’était désormais officiel, et il y eu cet effondrement de ma propre image et de mes idées.

 

Les pleurs ne me quittaient plus. Le désespoir non plus. Et lui, ou plutôt Elle, Elle était là, ne sachant que faire pour me rassurer. Je suis restée seule au téléphone avec ma maman. Je n’avais pas remarqué qu’en m’attendant, Elle était assise par terre dans le couloir, effondrée par la nouvelle. Les larmes de son cœur étaient silencieuses, je ne les ai jamais entendues.

 

Une série de questions et d’accusations allaient commencer.

 

Le temps m’était désormais compté, il fallait faire vite. Ma conscience s’absenta alors. Tout se fît machinalement. Je retournais tout contre moi et n’ai jamais vu la douleur en Elle. Ce spectacle L’a affaiblie, et ma haine grandissante la faisait saigner.

 

Il me fallait trouver une solution. J’allais avoir une réponse le soir même. Une aide ?

 

Elle m’a accompagnée, après tout, nous étions deux à avoir commis l’erreur.

 

Nous sommes entrés dans cette salle, comme deux enfants accusés d’avoir fait une bêtise.

 

La question évidente du bourreau : « Vous voulez le garder ? »

 

Notre réponse évidente : « Non ». Il n’a pas eu l’air d’apprécier et nous a fait un petit discours qui nous a intéressé que très peu.

 

Puis c’était à moi seule de passer sur la table. Il brandit froidement une sonde aussi grosse qu’un micro. J’ai crié. Non, j’ai hurlé et pleuré. Elle ne me regardait pas mais entendait ma douleur. Et le bourreau, fort de son discours et mécontent de notre décision en rajouta autant qu’il pouvait. Quelques minutes pour une éternité.

 

Fin du calvaire, il faisait toujours aussi froid. Il nous a laissé un numéro de téléphone et d’autres papiers.

 

Nous sommes partis. La soirée allait être bien longue, pas de gym et que de la réflexion, mauvaise pour ma part.

 

Comment ai-je pu être aussi aveugle à sa souffrance ? Je souffrais physiquement et lui mentalement. Mon corps était plein d’orages et d’éclairs et en lui, tout était gris, il pleuvait dans son coeur.

 

Dès le lendemain, j’ai dû appeler le numéro que le bourreau m’avait laissé. Je ne pouvais contrôler la sonorité de ma voix : tremblante, timide, effrayée. Mon interlocutrice a profité de ma faiblesse pour m’enfoncer encore plus. Personne ne comprenait mon désespoir. Dans la journée, maman toujours là, m’a donné une adresse. J’ai imprimé et en allant la chercher à l’imprimante : horreur, la salle était pleine, il y avait un cours. La peur est montée en moi : comment récupérer cette feuille ? Ma réputation était fichue, quelqu’un allait trouver cette feuille et tout le monde saurait.

 

Il me fallait trouver une solution miracle. J’entrepris de la chercher seule dans l’école : me jeter par la fenêtre et tomber sur le ventre. Je suis partie à l’aventure. Je L’ai laissée seule, sans nouvelle, à me chercher. Mais la gym ? Non, il me fallait une autre solution : les électrodes. Oui, c’est ça, il fallait que je tue ce mal toute seule, sans Elle. Après tout, c’était bien en partie de sa faute… Mais ça, personne ne veut l’entendre, toujours de la faute de la fille. La pauvre, si j’avais essayé de comprendre qu’Elle ne souhaitait que m’aider… Je ne l’ai jamais vu. Mais me l’a-t-Elle montré ? Non, je crois que chacun de nous s’est replié sur lui-même, je ne sais toujours pas quels sentiments s’entremêlaient et nous faisaient souffrir chacun de notre côté. Si seulement j’avais pu La faire parler, si seulement j’avais essayé de L’écouter.

 

Je suis donc partie de l’école sans prévenir et suis rentrée chez moi et me suis placée les électrodes sur le ventre et les reins. Elle s’est inquiétée. Elle s’est mise à me chercher partout. Elle est allée chercher cette feuille à ma place et a fini par me rejoindre chez moi. Elle a eu beaucoup de peine en me voyant avec mes électrodes, je ne savais pas encore que c’était Elle que je tuais et non ‘notre erreur’.

 

Quelques jours plus tard, nous rencontrions des personnes qui ont su nous rassurer sur notre démarche, trouver les mots justes et nous donner les bons numéros à appeler au cas où.

 

Je sentais quelque chose de bizarre en moi, il y avait quelque chose d’anormal, quelque chose clochait mais ne savais quoi. Pourquoi tout ce mal prématuré ? Ces malaises si intenses ? Pourquoi l’ai-je ressenti si fort dès le départ ?

 

Quand il posait tendrement ses mains sur mon ventre, je sentais alors que ce serait lui le père de mes futurs enfants, personne d’autre.

 

Le week-end suivant, je me rendais aux demi finales de gymnastique. Le souffle, j’en avais, mais mon dos ne suivait plus. A l’échauffement en poutre, j’ai chuté, ce qui a fait peur à tout le monde. Il fallait me rendre à l’évidence, je ne pouvais plus faire de souplesses arrières, mon dos se raidissait : déjà ?!?! Et entre chaque agrès, je le faisais travailler pour ne pas renouveler cette chute qui aurait bien pu m’être très dangereuse.

 

La semaine reprit son cours et l’échéance arrivait à grands pas.

 

Jour J1. Nous nous rendîmes après le stage à l’endroit indiqué.

 

Nous fûmes bien reçus, aucun jugement, que des femmes très aimables et quelques hommes aussi. Nous fûmes de suite reçus par une psychologue absolument gentille. Ensuite, vînt ma prise de sang, consultation médecin et une autre fois une sonde aussi grosse qu’un micro. Mais la psy était là pour me rassurer et me faire rire.

 

Quelques minutes d’attente plus tard avec Elle, le médecin et une infirmière désiraient me recevoir. Apparemment il y avait un problème. Ils s’étaient concertés pour se demander s’ils allaient m’en parler ou non. Le médecin voulait me tenir au courant mais l’infirmière craignait que cela ne me fasse changer d’avis. Finalement, ils ont décrété qu’il fallait que je sois au courant.

 
Ce n’était pas un mais deux.
 

Notre amour avait produit des BiKoRn…

 
Nos BiKoRn.
 
Nos jumeaux.
 
Nos petits amours.
 
Nos petits Anges.
 

Notre amour avait la force de produire des doubles.

 

Notre amour était donc grand, fort et beau.

 
Notre amour était fusionnel.
 

Deux graines de petites têtes blondes étaient le fruit de notre fusion.

 

Mais non, nous ne pouvions changer d’avis. Je me dirigeais donc vers le bureau de l’infirmière pour avaler mon premier comprimé mettant fin au développement. Ils n’étaient encore que deux petites boules de coton, mais j’allais mettre fin au fruit de notre Amour.

 

En revenant à lui, je lui annoncé la nouvelle.

 

Il en a pleuré : son rêve aurait pu se réaliser, et mieux : avec moi.

 

Nous sommes rentrés. Il fallait attendre le surlendemain pour finir ce que nous avions commencé.

 

Le soir même nous nous rendîmes au restaurant, aux chandelles : Nous décrétâmes que ce jour fut le jour des BiKoRn : le mardi 04 mai 2004, à jamais gravé dans ma mémoire… et mon cœur...

 

Ma LiKoRn craqua : des jumeaux ! Il en avait rêvé. Avoir deux petits blondinets jouant au foot. Ou deux petites blondinettes faisant de la gym… J’ai essayé tant bien que mal de le consoler, il pleurait. Moi, j’étais amusée par cela, mais contente de mettre un terme à ma souffrance. J’aurais dû plus prendre en considération les messages qu’il me livrait silencieusement.

 

Aucun signe ne se fit sentir jusqu’à la veille. Je commençais à me sentir mal et le stress grandissait, mais de toutes façons, Elle serait là, auprès de moi.

 
Le jour J2.
 

Nous nous rendîmes à l’hôpital, pour 8h précises. J’ai été admise la première.

 

On m’a faite entrer dans une petite salle où j’ai avalé deux comprimés et ai dû mettre une protection. Une piqûre s’imposerait si toutefois je me sentais mal, donc ce ne serait sûrement pas pour moi !! Puis, on m’a dirigée avec lui vers une autre salle où j’ai pu m’asseoir et m’allonger. Deux autres couples sont venus nous y rejoindre. Seul un auvent nous séparait. Nous avions la même cabine de WC. A l’intérieur, un pot pour chacune de nous trois afin de ne rien laisser ‘tomber’ dans la cuvette.

 

A ce moment-là, avec ma LiKoRn, nous commençâmes à parler. Comme deux enfants qui découvraient, nous pensions que nos deux allaient tomber comme par enchantement. Il fallait attendre entre deux et quatre heures, passé ce délai il fallait reprendre des médicaments. De toutes façons, j’allais forcément y passer !

 

Au bout de presque une heure, alors que j’avais hâte de voir comment je pouvais les ‘expulser’, je commençais à avoir froid, puis chaud, puis non froid. LiKoRn ouvra la fenêtre, mais non en fait j’avais envie de vomir, je me sentais vraiment mal. LiKoRn partit chercher l’infirmière de toute urgence. Il revînt vite pour me tenir un sac en plastique. A ce moment, j’ai commencé à vomir. L’infirmière arriva avec une seringue qu’elle me piqua dans la fesse gauche. A ce moment-là, j’ai commencé à me calmer. J’ai eu envie de dormir, j’étais très fatiguée, tout comme LiKoRn. Il me mit ‘The Golden Age of Grotesque’ de MM sur les oreilles pour pouvoir m’endormir. J’avais un écouteur et lui aussi. Je m’allongeais doucement, une couverture sur moi et lui à côté sur sa chaise, se détendit un peu. Il mit sa main entre ma joue et mon transat. Nous nous endormîmes comme cela.

 
 
 

Nous avons dû dormir presque une heure. Je me suis réveillée dans la même position que je m’étais endormie, avec une légère envie de soulager ma vessie, mais en ayant la flemme de le faire. Ma LiKoRn s’est éveillée à mes côtés, toujours la main sous ma joue. Le beau réveil, j’allais mieux.

 

Je me suis tout de même levée pour aller aux toilettes. J’ai mis la bassine sous moi et en soulageant ma vessie, j’ai entendu deux « ploc » à la suite l’un de l’autre. J’ai de suite regardé ce que c’était et là, dans la cuvette, deux espèces d’œufs, enveloppés et reliés entre eux par une sorte de film gluant ensanglanté. C’étaient eux : les BiKoRn. Ça y est, ils étaient sortis. Nos BiKoRn étaient là. Certains peuvent trouver ma réaction bizarre, mais je me suis sentie de suite bien, légère et surtout soulagée. Je suis allée chercher l’infirmière moi-même pour qu’elle puisse vérifier si c’étaient bien eux qui étaient là à me regarder et à me dire : « Pourquoi nous as-tu fait cela ? ». Et bizarrement, je crois qu’à cet instant je les ai aimé…

 

Qu’a fait LiKoRn en attendant ? Je ne le sais pas. De plus, je ne lui ai jamais demandé. C’est en écrivant ces lignes que je me le demande. Peut-être que lui se disait : « ça y est, l’aventure se termine, le secret des LiKoRn est révélé ». J’aurai aimé qu’il les voie.

 

A partir de là, tout s’est enchaîné, tout est flou. Je me souviens avoir croisé la gentille psy et lui avoir demandé de parler à ma LiKoRn, ma perle comme elle a su si bien la nommer.

 

 Puis des signatures, des permissions de dons à la médecine. J’ai fait signer LiKoRn également pour qu’elle se sente présente et qu’elle ait la reconnaissance de sa place.

 

A la sortie, Elle fuma, ce que je n’appréciais guère. Je ne comprenais pas dans quel état Elle se trouvait, je regrette avoir manifesté ce mécontentement inutile.

 

L’après-midi, nous devions assister à une soutenance d’élèves en école de commerce à la Défense.

 

J’allais vraiment mal, au bord de l’évanouissement, pâleur, toilettes (car ça continuait de couler)….

 

Enfin de retour, il me laissa… Pour aller à un concert sans importance auquel j’aurais dû me rendre. Je sais qu’il aurait préféré rester à mes côtés, mais il est vrai que je pouvais de ce fait rester tranquille à me reposer sans embêter personne.

 

J’ai reçu un texto de ma LiKoRn suite au mien où je lui demandais si tout allait bien.

 

Elle me répondit : « Mouiii, tout est bien et je t’….. »

 

Il avait bu. J’ai su par la suite que ce soir là, il s’était mis dans un état lamentable.

 

Mais pourquoi ne m’a-t-il jamais prononcé ces mots ou écrits en entier ? Toujours du sous-entendu ou très peu explicite...

 

Je crois que nous avions dû retourner à l’hôpital une ou deux fois quelques mois plus tard pour vérifier que tout se passait bien. Elle est venue avec moi, évidemment.

 

S’ensuivirent des périodes de ma vie indéfinissables, entre mal dans ma peau à cause des quelques kilos pris suite à cet évènement, donc rejets involontaires de LiKoRn, coups bas envers Elle qui ne méritait rien de cela… J’ai tout cassé, tout est de ma faute.

 
 
 

Maintenant, un lien invisible nous unit depuis. Ce moment fort que nous avons vécu ensemble dans la douleur et l’Amour.

 

Je la porterai toujours dans mon cœur, Elle a sa place… tout comme les BiKoRn.

 
Nous quatre…
 

Nous nous disions : si un jour l’accident ou un drame survenait à l’un d’entre nous, nous regretterions de ne pas avoir gardé les BiKoRn…

 
 
 

De là où tu te trouves, je t’aime ma LiKoRn et t’aimerai toute ma vie pour ce que tu m’as apporté, pour m’avoir appris à sourire et m’avoir appris à vivre.

 

Tu me manques tellement, tu as laissé un grand vide autour de moi, je me sens comme au bord d’une falaise ou en chute libre.

 

Reviens quand tu le souhaites, mon cœur, écorché, te reste ouvert.

 

 


 

 

 

 

 
 
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‘Enjoy the silence’, Depeche Mode
 




 
 
 
 

 
 
Qu’est ce que c’est ? Que se cache t’il derrière ce mot ?
Jamais personne n’a-t-il tenté ou pensé à se suicider au moins une fois dans sa vie ?
Personne n’a t’il jamais eu cette idée ou ce rêve macabre de voir sa tombe et notre entourage pleurer notre mort ?
Personne n’a-t-il jamais imaginé ses funérailles ?
Personne n’a-t-il jamais douté le soir en s’endormant de ne jamais se réveiller ?
Personne n’a-t-il jamais eu une certaine attirance ou curiosité pour la mort ? Pour SA mort ?
Redoutons-nous plus la mort d’un proche que notre propre mort ?
Ne vous est il jamais arrivé de penser à une manière de se suicider ?
Ne vous est il jamais arrivé de penser à la façon dont cela se passerait, si vous vous aperceviez que la vie est en train de vous quitter et qu’à ce moment là vous vous diriez : « Tiens, je suis en train de mourir » ?
D’ailleurs, à quel temps employons-nous le verbe mourir ?
Est-ce réellement un verbe ?
Pensez vous pouvoir dire : « je meurs » ou « je suis en train de mourir » ?
Pensez vous pouvoir dire : « je mourrais, je suis mort ou j’ai été mort » ?
Mais pourquoi pouvons nous l’employer au futur : « je vais mourir, je mourrais, je serai mort » ?
Le pire dans un suicide n’est il pas de se louper ?
Quand on se loupe, se dit on qu’on a échappé de près à la mort ou que finalement on n’a pas échappé à la vie ?
Le suicide n’est il pas un acte extrêmement égoïste et réfléchi ?
La démarche de suicide n’est elle pas un échec total si elle est remplacée ou transformée en meurtre ?
 
 
Ce blog d’ailleurs ne tente t’il pas de m’expliquer mes raisons d’avoir pensé, désiré et rêvé si fort de mon suicide ?
Les 7…
Les sept lettres du mot suicide m’ont tellement tourmentées, elles se sont emmêlées dans mon cerveau, se sont mélangées pour former un casse-tête, m’attirant vers la scarification aux marques irréversibles… Et arriva cette soirée… dans Poitiers… Une dispute avec ma sœur m’a faite craquer… Mon père est venu me chercher énervé in extremis en pleine nuit. Sur le chemin du retour, je pleurais… en silence… puisque les larmes m’ont toujours été interdites… Et dans cette voiture, les 7 me résonnaient si fort dans la tête que je les ai vues sous le clair de Lune. Elles étaient là, à me narguer à me pousser à agir. C’était enfin le bon moment. Il fallait que je le fasse, que je me décide à faire le pas. Ce sont elles qui me tiraient les larmes de mes yeux pour m’empêcher de voir, elles réveillaient la douleur de mes coupures sur mon avant bras gauche. Il a fallu que je me mette la main sur le cœur pour vérifier que je n’étais pas déjà morte. Peut-être souhaitais-je à ce moment précis mourir sur place de cette infinie douleur inhumaine, sous les yeux de mon père, comme une rébellion de n’avoir jamais rien vu, jamais rien su, jamais rien permis, toujours accusée, toujours menacée, jamais valorisée.
Arrivée à bon port, je me suis couchée après les mots tendres de ma mère. Je n’ai pas de suite éteint ma lumière pour dissuader les 7 de revenir me frapper le crâne et m’empêcher de m’endormir. La fatigue physique et morale accumulée m’a rattrapée et je me suis endormie dans mon lit d’enfant.
Je suis au balcon de mon appart de Paris. Et pourtant je suis également en bas d’une falaise, avec mon appareil photo numérique. Mon zoom me permet de voir le haut de la falaise, il y a des touristes près du bord. Je la vois cette femme en haut de la falaise.
Dans la rue, suite à un reportage, sa fille me demande ce qu’il a bien pu se passer. Elle est presque adulte. Mais elle n’a jamais très bien compris pour sa mère, puisqu’elle n’était encore qu’une enfant. Et je me dis qu’il est temps pour elle qu’elle sache et que c’est moi qui détiens sa clef. Je lui montre le mini film que j’ai pris ce jour-là. Les touristes sont trop près du bord, ils s’éloignent mais une personne reste. Et elle saute. Non, elle n’est pas tombée, elle a sauté. Je filme sa chute. La gravité accélère sa chute. Son corps parait inerte. Si je faisais comme elle, une chose est sûre : j’en profiterais pour faire des multiples saltos arrières/avant groupés carpés tendus, vrilles…
Elle (ou son corps ?!) se rapproche dangereusement du sol. Je ne verrai jamais son atterrissage puisque là, c’est moi qui saute de mon balcon, du cinquième étage. Au milieu de ma chute je sue, mon cœur bat extrêmement vite, il est 07h du matin. J’ai peur… Je tremble… Mais je me pose une question : pourquoi me suis-je réveillée ? Mon imagination n’est peut-être pas apte ni préparé à inventer une suite. Serais-je morte durant mon sommeil s’il avait été effectivement apte ?
Mais depuis cette nuit, les 7 ont disparues… En rentrant à Paris, je me suis approchée du balcon : mon cinquième étage est plus haut que dans mon cauchemar.
C’est maintenant que je réalise mieux ce qu’est le suicide et surtout l’importance de la vie. Ce n’est pas street fighter, nous n’avons qu’une chance, ou plutôt qu’une seule opportunité.
Les 7 me laissent tranquille mais cela n’empêche pas de frissonner à l’idée que j’ai pu approcher de si près à maintes reprises l’au-delà… Ou plutôt le néant absolu du corps, de l’esprit, du ciel, de la terre mais surtout de la poussière.
Quand je relis les textes de ce blog, la douleur se lit au travers de mes lignes, mais reste à savoir au jour d’aujourd’hui si l’Acte était justifié. N’est ce pas pour cela également que le SOS suicide n’est pas utilisé ? Au cas où les personnes que nous ayons au bout du fil pensent que les raisons sont trop minimes ? Y a-t-il réellement des raisons plus minimes que d’autres qui dissuaderaient ? N’avons-nous pas des sensibilités différentes face aux évènements ?
 
 
Le suicide en chiffres :
 
«  Il apparaît que plus de la moitié des appelants aux SOS suicide  sont des femmes (53,79 %), les hommes étant moins nombreux (27,22 %) mais que près 19 % des appels ne peuvent être clairement identifiés car il s’agit d’appels muets ou raccrochés.
45 % des appels ont lieu entre 16 heures et minuit, 21 % entre minuit et 8 heures du matin et 34 % entre 8 heures et 16 heures.
En 2002, 1072 jeunes âgés de 15 à 24 ans et 2399 personnes de 25 à 34 ont appelé.
Au plan national, le suicide (plus de 11 000 morts par an), tue davantage que les accidents de la route. Il constitue la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et la première chez les 25-34 ans.
On dénombre entre 160 et 180 000 tentatives de suicide par an. Ce nombre n’est sous-estimé dans la mesure où le décompte est réalisé auprès des urgences hospitalières et que toutes les tentatives de suicide ne font pas l’objet d’une hospitalisation.
Par ailleurs, le nombre des décès est également sous-évalué du fait d’un défaut de déclaration et de morts inscrites dans les rubriques intoxications ou accidents. »
Source Internet SOS suicide
 
 
 

 

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A BEBé
 
 
(lent, majeur)
Brice quand tu souris, y’a tes fossettes qui aussi rient
Je n’ai pas peur de la route, quand je suis près de toi
Tu m’as appris à sourire, tu m’as appris à vivre
Mais depuis que je suis seule
C’est comme si tu n’avais jamais existé
(accélération vers le mineur)
Tu fumes, tu bois, tu râles et tu m’oublies
Nos souvenirs à deux, tu t’en tapes et tu les jettes
O comme tu es blessant
Chacune de tes caresses est pour moi un piège
J’ai fait des erreurs je sais
Et chaque blessure que tu portes encore en toi
Je me les plante dans les veines
Parce que je souffre de ta peine
Mais n’as-tu jamais fait d’erreurs toi ?
Tu veux qu’on reste ensemble,
Tu me parles d’avenir à deux
D’accord, mais quand tu auras rangé
Tes foutues photos de tes ex,
Que tu me mets régulièrement sous le nez
Comme pour me rappeler
Que la seule je n’ai jamais été
Et quand tu m’inviteras à tes soirées
Où toi et tes potes jouez avec la drague
Puis quand tu apprendras enfin
Que la langue existe dans un baiser.
Si tu restes avec moi pour ne pas être seul
Alors je préfère partir
Plutôt qu’espérer
Te voir changer
Puisses-tu un jour regretter
Ce que tu me fais subir,
Et venir en rampant me demander pardon.
Tous mes gestes, mes mots
Tu les détestes
Tu as beau me dire le contraire
Me souffler des mots doux
Mais je n’y crois plus !
Aussi ne prends pas cette peine
Comme un mouton je te suis
Et continue à me haïr.
Mon corps, tu ne le regardes plus.
(ralentissement)
Malgré mes appels au secours
Mes signes de lassitude
Tu restes aveugle
Et me laisse couler
Vers le chemin de ma fin...   
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